Le Livre



Marie et Tadzio,

leur parcours, comme tous les parcours des Aidants, gravé sur l'un des chemins fleuris de l'Éternité

où l'aide, l'amour, la vie et la mort s'entrelacent. L'humour aussi, Tadzio est un farceur...

Un récit de trente cinq mille mots, bouleversant de vérité et de pudeur, une seule et très longue phrase, écrite en apnée peut-être, sans qu'aucun point n'en vienne altérer la cadence, ni suspendre l'émotion, au même tempo essoufflé, étranglé, des exigences de l'aide.

Une seule et très longue phrase traduisant l'impossibilité de freiner cet empressement à faire, faire toujours davantage, quand tout devient au-delà de tout, telle qu'est la charge invisible des Aidants entre devoir et engagement intime.

L'impossibilité "organique", dit Marie, du geste suspensif d'un point, ce cri sans possible soupir, sans l'once d'une expérance, cri unique, trente cinq mille fois, jusqu'au dernier souffle de l'être aimé, sculpté dans le carrare blafarre* de la douleur ...

Un de ces beaux livres qui parle l'amour et que l'on ne referme pas, un LIVRE que l'on garde en soi, ouvert...

 

*blafarre pâle et terni, balafré

LA CONSTANCE DU GESTE

Tadzio va mourir. Et lorsque les médecins de la Pitié-Salepêtrière demandent à Marie quelle Maison de Retraite ou Ephad a été choisi pour l'accueillir, Marie répond "aucun", Tadzio restera à la maison avec moi, je serai son Aidante...

Aider Tadzio qui va mourir, c'est du jour au lendemain, pour Marie Aidante, comme pour tout Aidant qui choisit d'Aider un proche, dans tous les gestes du quotidien, sans relâche, l'aider d'un geste constant qui ne lui a pas été enseigné, mais spontané, un geste improvisé, résolument sans jamais flancher, jamais baisser les bras.

Dès les premières pages, Marie avoue ressenti un incompréhensible sentiment de culpabilité, alors, elle veut chaque jour en faire davantage, et faire taire en elle "cet étrange sentiment" craignant de n'en faire jamais suffisamment pour sauver l'homme qu'elle aime. Jour après jour, submergée par l'effort démesuré, surhumain, pour tout faire, jusqu'à atteindre une fatigue extrême, un épuisement physique et moral, au-delà de tout, dont le prix ne lui laisse plus qu'une seule perspective : partageant le piédestal de la mort, lui arracher sa proie...

Les statistiques ont établi que sur trois personnes aidantes, l'une d'elles va mourir d'épuisement avant que ne meure le proche aidé, mais Marie refuse de partager l'aide qu'on lui propose. La charge est gigantesque l'amour le devient aussi... La culpabilité toujours là. Marie s'interroge, lorsque les médecins de la Pitié-Salepêtrière où Tadzio est hospitalisé, demandent à Marie si elle a choisi la Maison de Retraite à laquelle confier son compagnon, sans hésiter Marie répond que Tadzio et elle vivront ensemble comme avant, qu'elle sera son Aidante...

 

Tadzio est polonais. Peintre de l'est au charme slave, il est très aimé. Tadzio a eu une très belle carrière, cumulant Premiers Prix et leurs Honneurs, la Médaile de Bronze et celle d'Argent puis la MÉDAILLE D'OR au SALON des ARTISTES FRANÇAIS en 1985.

Marie a aimé organiser à Paris et en Bretagne de nombreuses expositions car l'engouement d'admirateurs fidèles n'a jamais défailli.

Il exposait à Plougasnou à la Maison Prévôtale et à la Salle Fréhel de Primel.